Rhizome bambou

Rhizomes

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Les rhizomes du bambou méritent que l’on s’y intéresse de près: Mal maîtrisés, il peuvent devenir un véritable calvaire. Ainsi, en fonction de vos objectifs, vous pouvez choisir un bambou non traçant (parfois appelé à tord bambou sans rhizome), ou pour un bambou traçant. Quelles sont les différents types de rhizomes existants et quelles sont leurs fonctions ? 

Rhizomes de bambous traçants vs rhizomes de bambous cespiteux

Le rhizome du bambou est une tige souterraine constituée de nœuds et d’entre-nœuds. Sa période de croissance débute à la fin de l’été.

Les plus de 1300 espèces de bambou identifiées peuvent être distinguées en fonction de la morphologie de leurs rhizomes en 2 types principaux: Les rhizomes pachymorphes et les rhizomes leptomorphes.

bambous traçants vs cespiteux
Rhizomes pachymorphes et leptomorphes Source: Lieurance, D. et al (2018)

Les bambous monopodiaux ont des rhizomes leptomorphes

Tout d’abord, les bambous monopodiaux (ou traçants) ont des rhizomes « leptomorphes ». Chez certaines espèces de bambou géant, ces rhizomes peuvent s’étendre de plus de 5 mètres par an.

Leurs entre-nœuds sont longs et minces (généralement plus minces que les chaumes), et les bourgeons latéraux situés sur les nœuds peuvent produire soit de nouvelles pousses, soit d’autres rhizomes.

Si vous souhaitez planter ce type de bambous, il est important de prendre des mesures de sécurité dès leur plantation pour limiter leur prolifération. Vous pouvez installer une Barrière Anti-Rhizomes ou creuser une tranchée (Environ 60 cm de profondeur).

Exemple de bambous monopodiaux: Bambous du genre Phyllostachys.

Phyllostachys viridis “Houzeau“ rhizomes
Rhizomes Phyllostachys viridis “Houzeau“ (Photo: Daphne Bettle Lewis)
Bambou géant qui pousse vite en France
Phyllostachys pubescens en Bretagne

Les bambous sympodiaux ont des rhizomes pachymorphes

Les bambous sympodiaux (ou cespiteux) ayant des rhizomes « pachymorphes ». Leurs entre-nœuds sont incurvés et épais (généralement plus épais que le chaumes), et les bourgeons latéraux sur les nœuds ne produisent que des rhizomes.

Seuls leurs bourgeons terminaux produisent de nouveaux chaumes. Ces bambous ne sont pas envahissant. Nous les recommandons donc souvent pour une plantation sur une petite surface. (Banik, R. L., 1995 ; Kleinhenz, V. et al, 2001)

Exemple de bambous monopodiaux: Bambous du genre Fargesia ou du genre Dendrocalamus.

Dendrocalamus giganteus bambou géant non traçant
Dendrocalamus giganteus (Photo: Mark Stanford, Etats-Unis)

Troisième cas moins commun: Les rhizomes amphimorphes

Il existe un troisième type de rhizomes qui reprend à la fois les caractéristiques de rhizomes leptomorphes et ceux des rhizomes pachymorphes: Il s’agit des rhizomes amphimorphes.

Exemple de bambous avec des rhizomes amphimorphes: Bambous du genre Chusquea

Chusquea gigantea - Trebah Garden - Cornwall, England
Chusquea gigantea - Trebah Garden - Cornwall, England (Daderot, CC0 1.0)
Rhizomes amphimorphes

Comment expliquer ces différences morphologiques entre les rhizomes du bambou ?

Ces différences de morphologie entre les rhizomes peuvent s’expliquer par une adaptation aux conditions climatiques des zones au sein desquelles ces bambous sont originaires.

La plupart des bambous monopodiaux proviennent de climats tempérés avec des hivers doux et pluvieux.

A l’inverse, la plupart des bambous sympodiaux sont originaires de zones aux climats tropicaux avec une saison sèche prononcée.

Par conséquent, la formation de touffes denses par les espèces tropicales serait une adaptation pour éviter la déshydratation des rhizomes. (Kleinhenz, V. et al, 2001)

Le rhizome du bambou n’est pas un organe de stockage

Malgré ce que l’on peut lire sur les sites d’information grand public et spécialisés sur le bambou, la fonction principale du rhizome n’est pas le stockage des nutriments. Il sert à l’absorption, au transport et au stockage des nutriments. D’après Kleinhenz et al (2001), le rôle principal des tissus des rhizomes est le transport plutôt que le stockage.

En effet, la plus grande partie de l’énergie nécessaire au développement des turions ne provient pas des rhizomes.

Elle provient en majorité de la photosynthèse en cours et de l’énergie stockée dans les chaumes de plus d’1 an.

Par exemple, Li et al. (1998) ont estimé qu’au cours du stade de croissance du rhizome, seulement 26% du total des glucides non structuraux chez P. pubescens étaient situés dans les rhizomes, alors que les chaumes en contenaient 44%. (Kleinhenz, V et al., 2001)

 

Références bibliographiques:

Banik, R. L. (1995). A manual for vegetative propagation of bamboos. International Network for Bamboo and Rattan. [En ligne]. Consulté le 14/07/2019

Kleinhenz, V., & Midmore, D. J. (2001). Aspects of bamboo agronomy. [En ligne] Consulté le 12/07/2019. Disponible sur : https://www.volkerkleinhenz.com/publications/aspects-ofbamboo-agronomy/aspects-of-bamboo-agronomy.pdf

Lieurance, D., Cooper, A., Young, A. L., Gordon, D. R., & Flory, S. L. (2018). Running bamboo species pose a greater invasion risk than clumping bamboo species in the continental United States. Journal for nature conservation, 43, 39-45. [En ligne] Consulté le 12/07/2019


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